Instruments

Contrairement aux idées reçues, les origines de nos instruments ne sont nullement « celtiques ». Les hautbois et les cornemuses nous viennent en effet du bassin Méditerranéen et du Proche-Orient, où ces deux familles d’instruments sont encore très présentes de nos jours. C’est au Moyen-Âge qu’elles ont été diffusées en Europe, où elles se sont intégrées aux instruments locaux. Particulièrement adaptés, de part leurs propriétés sonores, à une musique festive et aux grands rassemblements populaires, ils ont évolué au cours des siècles en fonction des particularités locales : aujourd’hui, il existe un, voire plusieurs modèles particuliers de hautbois et de cornemuse pour chaque pays d’Europe. La bombarde et le binioù sont donc les avatars bretons de ces instruments.

La bombarde

BombardeComme tous les hautbois, il s’agit d’un tube conique percé de trous, à l’extrémité duquel est fixée une anche double, constituée de deux lamelles de roseau. Ce sont ces dernières qui, mises en vibration par le souffle musicien, font sonner l’instrument. Le son est amplifié et dirigé par le pavillon placé à l’autre extrémité.

Elle est en principe tournée dans des bois de lutherie, choisis pour leur grande rigidité et leur stabilité dans le temps : ébène, palissandre, buis ; plus rarement dans des bois durs locaux : poirier, cormier… Elle peut revêtir des décorations, qui contribuent souvent à sa solidité : étamages, bagues en bois clair, en corne ou en os.

Dans dialogue avec le binioù, c’est la bombarde qui mène la musique. Elle propose chaque phrase mélodique, que le binioù se chargera ensuite de reproduire, laissant au talabarder (sonneur de bombarde) le temps de reprendre sa respiration.

Le binioù

BinioùFabriqué dans les mêmes matériaux que la bombarde, le binioù est constitué d’une poche en cuir, sur laquelle sont fixés trois tuyaux :

  1. Le sutell, dans lequel le biniawer (sonneur de binioù) souffle pour renouveler l’air à l’intérieur de la poche, cette dernière servant à alimenter en continu les deux autres tuyaux :
  2. le levriad, tuyau conique tourné sur le modèle de la bombarde, sur lequel est jouée la mélodie ;
  3. le bourdon, tuyau cylindrique réglable en longueur, qui donne une note basse continue, accordée sur la note principale du levriad.

Le binioù a pour particularité de sonner à une octave au-dessus de la bombarde, ce qui en fait probablement la cornemuse la plus aigüe du Monde… Cela apporte également au couple binioù-bombarde une grande liberté de variation et d’improvisation dans son jeu.

Le binioù est parfois appelé binioù-kozh (« vieux binioù ») pour le distinguer de sa cousine écossaise la grande cornemuse des Highlands, massivement adoptée par les bagadoù bretons depuis les années 1950, sous l’appellation binioù-braz (« grand binioù »).